
Le vignoble
Châtillon-en-Diois se niche sur les coteaux du Parc naturel régional du Vercors, au sud-est de Die, dans ce que l’on appelle le Haut-Diois. Entre les Préalpes drômoises et les premiers accents chantants de la Provence, le paysage oscille entre force alpine et douceur méditerranéenne.
C’est ici que s’inscrit l’AOC Châtillon-en-Diois, reconnue en 1975 et dédiée aux vins tranquilles : blancs, rosés et rouges. Une petite singularité dans un pays du Diois largement tourné vers les bulles.
C’est un vignoble rare, presque confidentiel : environ 36 hectares seulement. Une vigne de montagne, posée entre 500 et 700 mètres d’altitude sur des sols argilo-calcaires. Ici, le Vercors veille et coupe les vents du nord, tandis que l’altitude rafraîchit tout, même les excès du Sud.
Son histoire est ancienne. Dès le XIVᵉ siècle, une charte locale évoque l’interdiction d’introduire du vin pour le vendre à Châtillon-en-Diois, sauf si les vins du lieu venaient à manquer. Comme un rappel ancien que le vin ici n’a jamais été anodin.
L’appellation s’étend sur 12 communes, dessinant une mosaïque de coteaux façonnés par le temps et les hommes. Les blancs peuvent être issus de l’ensemble de cette zone, tandis que les rouges et les rosés trouvent leur origine sur Châtillon-en-Diois et Menglon.
Par son encépagement, le vignoble raconte une double influence. Celle de la Bourgogne d’abord, avec le gamay, le pinot noir, le chardonnay et l’aligoté. Et celle plus discrète des Côtes du Rhône septentrionales, avec la syrah. Mais ici, un cépage domine et relie tout : le gamay, fil rouge historique de l’appellation.
Au cœur de ce paysage, Châtillon-en-Diois occupe une place essentielle. Nos parcelles s’y trouvent, adossées au massif du Glandasse (2041 m), face à la vallée du Bez. Nos coteaux s’ouvrent plein sud et captent la lumière tout au long du jour.
Ici, la géographie n’est pas un décor : elle est active, elle modèle les vins.
• Les blancs sont des souffles : droits, tendus, fleurs blanches et agrumes. Une fraîcheur qui arrive sans prévenir, comme quelqu’un qui ouvre la fenêtre un matin frais dans la Drôme.
• Les rouges sont plus immédiats, presque sincères dans leur expression du fruit. Le gamay y parle en premier, franc et joyeux, parfois soutenu par le pinot noir, parfois par la syrah, qui ajoute une ombre légère, une profondeur.
• Les rosés, eux, semblent sourire. Saumonés, gourmands, portés par les fruits rouges et une fraîcheur qui accroche le palais sans jamais le brusquer.
Et au fond, rien n’est figé ici. Ni les paysages, ni les vins, ni ceux qui les font.

